Bonheur Intérieur Brut

BONHEUR INTÉRIEUR BRUT
Création 2021

Note d’intention par Marlène Gobber :

En 2018, je quitte le territoire pour faire le tour du monde avec mon tout jeune mari. Je m’apprête à vivre un voyage initiatique.

40 litres, c’est la dimension de mon sac, dans lequel je peux mettre le strict nécessaire. Un budget modeste et l’essentiel, seront les éléments clés de ce périple. Manger, dormir, sourire, ressentir, traverser, marcher, rencontrer, découvrir, improviser, lâcher prise, ne plus rien contrôler, choisir, …

Mes pieds, et donc mon corps, seront mes principaux outils pour traverser les frontières, et quand ce n’est pas possible, j’opte pour le bus, le train ou le vélo comme moyen le plus économique pour visiter le monde. Je serai logée la plupart du temps grâce à la générosité des locaux, nous prêtant un coin de leurs canapés, découvrant ainsi leurs cultures au plus près de leur quotidien.

J’expérimente par ailleurs la pleine conscience, lors d’une retraite Vipassana en Thaïlande, qui me fait « reconnaître » chaque seconde de ma vie. Je médite plus de 10 heures par jour suivant la discipline et les règles des moines et nonnes vivant au temple Wat Phrathatsrijomtong.

Le temps prends une autre dimension, il est à la fois vivant et invisible. Je perds toute conscience des jours, des mois. Ce paradoxe sur le temps créé un nouvel espace de vie. Un temps où la recherche du bonheur prévaut sur le reste.

La notion d’essentiel me questionne et je la vivrai pendant 6 mois durant lesquels je n’aurai pas de lieu de vie fixe, et où je passerai la plupart de mon temps, à  » être dehors « , à découvrir une nature fascinante. Dans le mouvement également, je renoue avec l’essentiel. Danser quand j’en ai envie, et non pour répondre à un propos, une commande, une directive. Est-ce à cet endroit où se trouve la qualité et l’authenticité de ma danse ?

Je réalise durant ce voyage à la découverte de grands espaces naturels, que l’artiste manque cruellement de Vitamine D, essentielle à son état physique et psychologique. L’artiste passe la plupart de son temps dans un théâtre, cette boite noire, où il cherche l’inspiration, loin de la lumière du jour.

La question du bonheur, se glisse dans mes valises pendant tout le séjour. J’ai cette envie profonde de savoir comment les gens sont heureux ailleurs ? Est-ce différent à Bogota, qu’à Medellin, à Bangkok, à Kanchanaburi, à Palenque, à Hiroshima, à Puno, qu’à Ushuaia ? L’histoire d’un pays, son statut, ses guerres, sa culture, ses succès, définissent-ils le droit au bonheur des individus ? Ou pouvons-nous parler de capacité à être heureux ? Le déterminisme ? Qu’en est-il ? Avons-nous tous droit au bonheur de manière équitable ?

Le Bonheur National Brut, est un contrepoint au très économique Produit Intérieur Brut. En 1972, Jigme Singye Wangchuck, tout juste sacré roi du Bouton à 16 ans, estime que le PIB ne prend pas en compte des critères de satisfaction de vie et de bien être indispensable à une mesure précise du niveau du bonheur. Le BNB s’appuie des critères relevant à la fois du PIB, de l’Indice de Développement Humain tout en s’inspirant des valeurs du bouddhisme.

Robert Kennedy, sénateur des Etats-Unis a dit : “ Le PIB mesure tout sauf ce qui rend la vie digne d’être vécue”.

A travers cette création, j’aimerai retranscrire ce voyage sous forme de parcours initiatique et artistique durant lequel les artistes, mais aussi les spectateurs traversent des étapes et des nouvelles expériences leur permettant d’accéder à un autre état de conscience.

La méditation, le minimalisme, l’essentiel, la pleine conscience, la rupture, l’introspection, la dépossession du matériel, … sont des éléments que j’ai traversé de manière intense durant ce laps de vie. J’ai envie qu’on s’autorise à vivre cette expérience et à en faire l’essence de la création.

Donner un espace de vie et de jeu aux interprètes où ils peuvent prendre le temps d’exprimer leurs émotions, leur singularité, s’abandonner de confiance, où prendre le temps à sa place comme un rituel de purification et une élévation de leurs arts.

Un jeu se crée entre les témoignages d’étrangers et locaux où la confidence sans censure amène à une danse sans fioritures, minimaliste et brut où l’instinct prend le dessus sur la recherche de la forme, et où chacun renoue avec ses cinq sens, lien entre tous.

Marlène Gobber, Chorégraphe

Distribution
Chorégraphie et mise en scène Marlène Gobber
Interprétation en cours
Dramaturges Olivier Atangana
Captation d’images visuelles et sonores en cours
Plasticien Scénographie Géraldine Michel
Création lumière Géraldine Michel
Musique en cours
Arrangements musicaux en cours
Regards complices Olivier Atangana,  Géraldine Michel

Soutiens et résidences
Remerciements au CND Lyon

Représentations

Durée : 50 minutes
Production : LA PIRATERIE
Booking contact@lapiraterie.org
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Crédits photos Gilles Aguilar